L’inauguration de la Fête du Bleu s’est passée après celle du rond-point de Bréduire...

...ou, l’art de Madame le Maire de remercier le sculpteur pour l’immense travail, fait en un temps record (3 mois au lieu de 8 au minimum), en se faisant photographier auprès des deux « villardes » monumentales…. avec deux élus et… sans Serge Lombard, le sculpteur ! (DL du 9 août 2015).

Chacun connait ce rond-point depuis « des lustres », mais pas son nom nouvellement inscrit (en 2014 ou 13) au patrimoine de Villard-de-Lans. C’est sur lui qu’aboutissent la route venant des Gorges de la Bourne dans laquelle se glisse celle arrivant de Méaudre ; à droite, l’on va à Bois Barbu et Corrençon ou le Cabinet médical, tout droit vers le centre de VDL et les Geymonds. Là-bas, vous attendent quatre ours magistraux juchés sur le rond-point d’où s’étalent les routes pour le zoning commercial de VDL et Lans-en-Vercors. Ils sont également nés des mains de ce génial sculpteur en taille directe, vertacomicorien, Serge Lombard, sculpteur [1].

C’est, bien évidemment, sur lui et ses « villardes » que je vais glisser les quelques dernières lignes suivantes. Voici quatre des derniers jours de travail acharnés racontés dans son « journal de bord » [2].

Lundi 27 juillet : Le compte à rebours officiel est lancé, son terminus sera le 3 août : « décollage » de la vache. Si certains tournent autour du pot, moi, à force de tourner autour de ma bête, je repoussais un peu l’échéance, obnubilé, taraudé par l’obsession de la finition, le paquet, le stock de « touches finales ». Ce coup-ci, dernière ligne droite ! J’en ai le cerveau qui bouillonne ; je mémorise une ritournelle qui s’improvise un peu sur l’air de « J’ai la rate…. » chantée au XXème siècle par Ouvrard (et reprise par Fernandel, ndlr) :
« j’ai la panse qui mène la danse,
le bonnet qui m’rit au nez,
le feuillet comme Antoine « Oyé » !
Et la caillette me tourne la tête ! »

Jeudi 30 juillet : à la surface de ma mémoire musicale surnage la rengaine : « Quand s’est fini, ça recommence… » C’est le cas des finitions que réclame la livraison à l’heure H ; quand je crois avoir réglé avec constance et application le colmatage de micros fissures par ici, je constate qu’il y en a d’autres là-bas qui ont échappé à ma vigilance. Pas de répit ni de repos, car, comme dans la chanson de Boris Vian « y a quelque chose qui cloche là-dedans, j’y retourne immédiatement.

Vendredi 7 août : Le veau est venu s’arrimer à la station maternelle ; ces derniers jours, il a donné lieu à des commentaires et des spéculations les plus divers de la part des visiteurs : pour certains, c’est un broutard, pour d’autres, il (elle ?) tient beaucoup de sa mère. Leur perplexité semble parfois friser une connexion avec un thème d’actualité, celui de l’identité et du genre. (En fait, il s’agit d’une vachette qui se nomme : Flavie, ndrl).

Samedi 8 août 2015 : Curieux moments que ceux de cette inauguration que je dédie, en partie aux ours des Geymonds qui n’ont pas connus ce privilège à l’époque (débutés en 2012- terminé en 2013 ndlr) [3].
Au final, j’aurais passé le plus clair de mon temps perché sur mon tertre en tant que pâtre de l’urgonien ou de vacher du crétacé domestique ! J’étais au centre d’une sorte de manège dont le fonctionnement m’échappait autant que sa finalité. Mais j’ai déjà titubé d’émotion à la vue du défilé d’un cortège de six villardes, jeunette nerveuse en tête, la « matriarche » en queue, puissamment vénérable ! Ce cérémonial autour du rond-point avait un panache fabuleux ; une forme de distinction qui m’aurait été offerte, plus incarnée et sentimentale que ne le seraient des éloges à mon adresse. Pour autant, un peu plus tard, j’ai eu la conscience aigüe d’être un acteur désuet, puisqu’artiste figuratif, dont la réalisation n’est qu’un épi phénomène face à l’arrogance vaniteuse d’une vacuité sidérale, celle de l’art « moderne » dit contemporain. Celui-ci stipule, dans la monstrueuse obésité de son monopole que l’art « rétinien » (pour reprendre Marcel Duchamp) est mort au bénéfice d’un art où l’on a quelque chose à dire, aujourd’hui, par le biais d’un concept, d’une performance ou d’une installation.
Gageons que le public plébiscite mon travail ; ce serait un excellent antidote, local, à la vaste entreprise de destruction des valeurs esthétiques !
(qui, en fait, dure depuis plus d’un demi-siècle, ndlr).

Dès que le sculpteur a reçu cette commande de « villardes », il a voulu les observer de près afin d’encore mieux les connaître. A Rencurel, il y en avait une, toute jeunette ; à Méaudre, se trouvait le troupeau de Lionel Gaillard qui l’accueilli avec grande amabilité, lui permettant de passer le temps nécessaire dans leur étable et même de les photographier : elles s’y sont prêtées comme des stars. Le jour de l’inauguration, quatre sont venues tourner autour du rond-point de Bréduire, comme pour le remercier de les avoir si galamment représentées ; se lui fut un moment de surprise intensément émotionnel.

Depuis bien des années, Serge Lombard dit qu’il n’y est pour rien dans la création de ses sculptures, grandes ou petites, qu’il a une grande acuité visuelle et une bonne mémoire et que ce sont uniquement ses mains qui font tout… Manifestement, elles sont en or, de naissance. Il est un instinctif puissamment autodidacte.

Outre Denis Arnaud et Christel, les deux « têtes » dirigeantes du Service Technique de Villard-de-Lans, comme pour les ours en 2012 et 2013, il faut également citer, et remercier, les exécutants divers pour l’efficacité, la gentillesse l’ingéniosité et le soutien de tous : Justin, Serge, Philippe et Sébastien (Equipe de la Voirie) mais aussi l’Equipe de la Menuiserie pour l’aide aux coffrages, l’Equipe des espaces verts menée par l’énergique Marie-Laure (une main de fer dans un gant de velours) pour l’aménagement du rond-point de Bréduire et chacun qui a participé à la mise en place des villardes, sans oublier celui sans qui elles ne seraient jamais montées là-haut : Guillaume Beaudouin qui, avec ses frères, dirigent la société du même nom ; il pratique l’art du maniement de la grue avec une telle précision et délicatesse qu’il force l’admiration des spectateurs. Cette remarque vaut aussi pour ceux du Service Technique de VDL. Loin de la déprime du fait d’être souvent malmenés par l’un ou l’autre du « Château », chacun fait remarquablement bien son travail, même avec le sourire, voire de franches « rigolades » et réparties.

Je ne voudrais pas terminer sans parler de Vercors TV dont les membres de l’équipe ont tenu, tout particulièrement, à réaliser un court métrage sur Serge Lombard et ses créations de « villardes ». Suite à un mail reçu de Geneviève Rouillon, Guy Meauxsoon est arrivé, un beau matin encore frisquet, pour filmer l’enlèvement des blocs aux Glovettes. Depuis, régulièrement, lui et Lionel Baboulin ont patiemment pris des vues et enregistrer les explications de Serge Lombard ; l’ensemble a donné lieu, en final, à un très remarquable court métrage de 11 minutes 02 secondes « que la Mairie de VDL n’a pas voulu soutenir, d’où son absence dans le film » m’a-t-il été dit [4]. Il constitue un bel hommage, une preuve visuelle de ces trois mois et six jours de grande pénibilité et de stress intense mais aussi un souvenir impérissable d’une aventure de plus qui restera marquée dans sa mémoire et la nôtre.

Henrianne van Zurpele, pour initiatives-vercors.fr - 17 septembre 2015.
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    "Un retour en arrière sur la création de l’aménagement de cette entrée de Villard-de-Lans par les gorges de la Bourne semble nécessaire par la Municipalité.

    A l’initiative de Madame le Maire, plusieurs adjoints ont sollicité le sculpteur de la magnifique famille des Ours, aux Geymonds, pour lui demander s’il était possible de mettre à l’honneur également notre « Villarde » pour symboliser le Vercors à l’entrée sud et ce pour honorer la Fête du Bleu qui fêtait son quinzième anniversaire. Un dialogue constructif s’est engagé pour parvenir à signer un accord, qui a été porté à la connaissance du public lors de la réunion de la Fête du Bleu à la Coupole le 17 juillet ou l’auteur de cette œuvre, invité, n’est pas venu, déjà pris sans doute dans la mise en œuvre de cet ouvrage.

    Certes les délais étaient contraints mais connus de tous et les Services Techniques n’ont pas ménagé leur peine pour aider, encourager et apporter leur technicité pour cette réalisation plus globale.
    L’inauguration de ces magnifiques sculptures fut programmée le jour de la Fête du Bleu comme il se devait et bien que le « petit » n’était pas forcément de la fête, sa naissance malgré tout a pu se réaliser grâce au travail acharné que le sculpteur a produit pour honorer son contrat et sa création. Madame le Maire en a fait l’éloge, à l’inauguration et tout au long de la Fête, et si la presse n’a pas imprimé les photos soulignant la présence de l’auteur, nul ne peut en être blâmé car le choix s’effectue en interne au service presse et ne peut en aucun cas être dicté par qui que ce soit.

    Enfin ultime mise au point, si la mairie n’a pas pu soutenir financièrement le film réalisé à l’initiative de Vercors TV sur le sculpteur, c’est tout simplement par le fait qu’elle apportait déjà son concours à l’aménagement de ce carrefour et de la sculpture, et surtout au film de la Fête du Bleu et des enfants dans les fermes.

    Le soutien à la création fait partie du programme de la municipalité de Villard de Lans comme cela se remarque à nos entrées de ville pour le bien des artistes mais aussi de tous."

    • Bonjour à chacun des membres de la Municipalité de VDL, après lecture de votre texte, par Serge Lombard et l’auteur de l’article, cette petite précision : effectivement, le sculpteur avait prévenu l’élu, venus aux ateliers de VDL, pour l’inviter à la réunion du 15/7, "qu’il ne pensait pas pouvoir y assister, ses heures étant comptées pour pouvoir respecter le délai de livraison très court". Il travaillait de 7h30/8h à 20/21h, avec un arrêt d’à peine 1h à midi, et était beaucoup trop fatigué en fin de "sa" journée, le soir, pour faire autre chose que de rentrer à la maison, dîner et se coucher.

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